Ensemble TM+

Vendredi 29 mars ı 20:00
Théâtre National de Nice, salle des Franciscains
Before
18H – RENCONTRE - Théâtre National de Nice, salle des Franciscains
18H – RENCONTRE - Théâtre National de Nice, salle des Franciscains
Les « Before » et « After » sont réservés aux détenteurs d’un billet de concert

avec Laurent Cuniot, chef d’orchestre, compositeur et directeur musical de TM+, modérée par Tristan Labouret, musicologue

20H – CONCERT - Théâtre National de Nice, salle des Franciscains
<p>Pauline Sikirdji, mezzosoprano<br />
Benjamin Alunni, ténor<br />
Ensemble TM+<br />
Laurent Cuniot, direction</p>
1h sans entracte
© Éditions Billaudot

Pauline Sikirdji, mezzosoprano
Benjamin Alunni, ténor
Ensemble TM+
Laurent Cuniot, direction

Gilles Burgos et Anne-Cécile Cuniot, flûte
Louis Luciat, hautbois
Nicolas Fargeix et Bogdan Sydorenko, clarinette
Vianney Desplantes, saxhorn
Eric Du Faÿ, cor
Anne Ricquebourg, Sandrine Chatron, harpes

Pierre Tomassi, percussion

Noëmi Schindler, Floriane Bonanniviolons
Sengyun Kim, Antonin Le Faure, altos
Florian Lauridon, violoncelle,
Axel Bouchaux, contrebasse

Marie Delebarre, régie
Christophe Schaeffer, lumières

 

Laurent Cuniot (1957-)
Le Chant de la terre pour mezzo-soprano, ténor et seize instruments
Prologue

1. Chanson à boire de la douleur de la terre
2. Un tel souffle
Passage I
3. Un solitaire en automne
4. De la jeunesse
Passage II
5. Respire l’obscur de la terre
6. De la beauté
7. L’Adieu

création mondiale, commande du Printemps des Arts de Monte-Carlo

Compositeur et directeur musical de l’Ensemble TM+, Laurent Cuniot s’inspire du chef-d’œuvre de Gustav Mahler et fait entendre son propre Chant de la terre, pour orchestre de chambre, sur les textes de Mahler et des poèmes de Rainer Maria Rilke. Une œuvre reliée à la nature et ouverte sur l’inouï à chaque instant, donnée ici en création mondiale.

Tarifs concert
PLEIN TARIF :
30
PACK 4 CONCERTS ET + -25% :
23
-25 ans :
Gratuit*
*Entrée libre sur réservation

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• Mail : contact@printempsdesarts.mc
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De manière générale, le tarif de nuit est applicable à partir de 19h : 0,70€ de l’heure*

Sauf pour certains évènements pour lesquels le forfait Spectacle "Festival Printemps des Arts" s’applique.

* Sous réserve de modifications

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Quand Bruno Mantovani m’a proposé d’écrire un Chant de la terre d’aujourd’hui (en référence à Das Lied von der Erde composé par Gustav Mahler en 1909), j’ai tout de suite accepté, tout en sachant le défi que cela représentait. Défi d’abord de trouver son propre chemin dans le sillage d’une œuvre aussi puissante. Défi quant au format, au développement sur une vaste durée d’une dramaturgie musicale puisant sa source dans des textes poétiques.

Mahler a sous-titré son œuvre « symphonie pour ténor, alto et grand orchestre », montrant par là l’importance de la partie instrumentale, prépondérante par rapport aux voix, même si celles-ci sont déterminantes dans l’expression. Ce même équilibre s’est imposé à moi du fait de la relative brièveté des poèmes. Mais pour m’approprier ces textes adaptés de la poésie chinoise et les emmener vers mon propre univers, j’ai choisi de les mettre en regard de deux sublimes poèmes de Rainer Maria Rilke, extraits des Poèmes à la nuit qui me sont particulièrement chers. Par leur hymne à l’amour et au ciel, par leur respiration, ils résonnent avec le lien intime qui relie l’homme à la nature et les interrogations existentielles qu’expriment les textes originaux.

Mon Chant de la terre comprend donc un prologue instrumental, sept mouvements, deux « passages » et est écrit pour ténor, mezzo-soprano et un orchestre de chambre de seize musiciens. J’y explore tous les registres de l’expression, la gravité, la plus profonde intériorité (Un solitaire en automne, Respire l’obscur de la terre, L’Adieu), la douceur (Un tel souffle), l’ivresse du désespoir (Chanson à boire de la douleur de la terre), l’énergie jaillissante et lumineuse (De la beauté) ou cette vision quasi cinématographique d’une réunion d’amis (De la jeunesse) traitée en un mouvement perpétuel.

Réinvestir aujourd’hui tous ces champs expressifs, c’est aussi réinvestir, à la lueur de ce qu’ont ouvert les révolutions musicales successives du XXe siècle, les dimensions mélodiques, harmoniques, jouer avec les couleurs du timbre, avec la diversité rythmique pour construire un univers qui semble étrangement familier tout en étant surprenant, ouvrant sur l’inouï à chaque instant. Ce Chant de la terre est dédié à Bruno Mantovani, in memoriam Gustav Mahler.

Laurent Cuniot

Au lieu de pleurer dans les oreillers,
lève tes yeux pleins de larmes.
C’est ici déjà, à partir de ton visage
en pleurs,
de ton visage qui s’achève,
que l’univers impérieux commence
et se propage.
Qui brisera, si c’est dans cette
direction que tu te presses,
le courant ?
Personne. Sauf toi,
si soudain tu te mettais à lutter
contre
l’orientation puissante
de ces astres vers toi.
Respire.
Respire l’obscur de la terre et de
nouveau lève les yeux !

Rainer Maria Rilke, Poèmes de la nuit

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